Histoires de poignet

De la branlette créative

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Approchant tranquillement de la trentaine, nous nous astiquons depuis environ quinze ans. En quinze ans, notre branlette a-t-elle changé? Comment nos couches de vécu sont-elles venues se superposer ?

Dans cet article de fond, je voudrais aborder en particulier la branlette imaginative, j’entends par là une branlette sans support de projection pour focaliser son esprit. Ni vidéo x, ni magazine, ni session Facebook, seuls avec “le borgne”, essayant de faire “pleurer le môme”, semi-conscients, parfois les yeux clos, nous divaguons, nous projetons, nous imaginons…

Je distingue trois grandes catégories de branlettes imaginatives:  la familière, la proustienne et la compilatrice.

La familière est celle qui demande le moins d’efforts. Elle se fixe soit sur un fantasme récurrent bien connu de nous et qui marche à chaque fois, soit sur une excitation récente (ce pantalon blanc moulant vu hier soir, cette vidéo décidément originale… ). Inépuisablement, on reprend l’idée dans les grandes lignes sans trop l’agrémenter, on refait encore et encore le match. Efficacité, gain de temps et résultat garanti, mais jouissance assez médiocre.

Deuxième catégorie, la “proustienne”. Essentiellement biographique, il s’agit de recréer avec le plus d’exactitude un moment érotique vécu. Là, notre esprit doit reconstituer l’impression sensorielle en ne ménageant aucun aspect: l’apparence bien sûr, mais aussi les parfums, la texture des vêtements, des cheveux, de la peau, la chaleur du souffle, l’intonation d’une parole, le contexte, l’instant qui a suscité cette cristallisation ressuscitée. Il faut se donner bien sûr un peu de mal, parfois même répartir la construction du souvenir sur plusieurs «sessions» car un détail pertinent peut toujours éclore de cet état transcendantal proche du rêve. Jouissance nostalgique.

Enfin, la compilatrice, sûrement la plus intéressante, car il s’agit stricto sensu de branlette créative. Je pense que chaque mec dispose en lui d’un patrimoine de données excitantes qu’il compile, sur quinze années ou plus, sans les oublier. A chaque occasion, une infinité de possibles s’ouvre à lui, tous les assemblages sont permis, sans souci de chronologie ou de crédibilité.
On peut donc combiner la fille sur laquelle on fantasmait en 4ème ( dangereux quand même ) avec une artiste R&B (Rihanna, mais dans sa tenue du clip “All of the lights” ) qui nous susurre d’une voix suave le texte original d’une partenaire réelle, au cours d’une soirée sympa qui a vraiment eu lieu, dans un enchaînement calqué sur une fiction pour adulte, de qualité, bien entendu. Jouissance dantesque.

Merveilleuse parenthèse hors de la vie pragmatique, création spirituelle de haut vol, remettons la branlette à sa place, le 10e Art, rien de moins.

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